Paie

Firmin Zocchetto (PayFit) : « Nous proposons une expertise sur la paie avec un bonus SIRH »

Par Philippe Guerrier | Le | Logiciels de paie

Le CEO et cofondateur de PayFit aborde les priorités de développement du 2ème semestre 2023 après le passage difficile du plan de suppression de postes vécu en interne en début d’année.

Interview de Firmin Zocchetto, CEO et cofondateur de PayFit - © D.R.
Interview de Firmin Zocchetto, CEO et cofondateur de PayFit - © D.R.

Face à la conjoncture globale plus difficile, PayFit a dû adapter sa configuration d’effectif, tout en maintenant sa cadence de développement de son logiciel de paie pour les entrepreneurs, les TPE et les PME.

Objectif : se rapprocher le plus vite possible de la rentabilité pour disposer d’une marge de manœuvre plus confortable.

PayFit dispose actuellement de 10 000 clients en Europe, dont 8500 clients en France. Sa solution est utilisée chaque mois par 250 000 employés pour recevoir leur bulletin de paie digitalisé.

Mais l’engagement de PayFit va au-delà de la gestion automatisée de la paie en abordant une perspective SIRH.

Entretien avec Firmin Zocchetto, CEO et cofondateur de PayFit.

Quelles sont les priorités de PayFit sur le deuxième semestre 2023 ?

  • Nous continuons à améliorer notre logiciel de paie pour les entrepreneurs, les TPE et les PME dans 3 pays : la France, l’Espagne et le Royaume-Uni. En France, le cadre évolue en permanence entre le droit du travail et les conventions collectives. Notre pôle d’expertise paie répond aux questions particulières de nos clients.
  • Nous développons des fonctionnalités en interne qui gravitent autour de la paie, comme l’acompte sur salaire. Notre logiciel est aussi utilisé au quotidien par les employés de nos entreprises clientes pour les demandes d’absences, la gestion des notes de frais et des entretiens annuels.

Dans ces cas, parlons-nous de développement ou de maintenance logicielle ?

Au-delà de sources de rupture comme la phase 3 de la DSN (2017) ou l’application du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu (2018), nous parlons davantage de maintenance logicielle que de réels développements avec des milliers de points techniques. Et ce, sans déstabiliser l’ensemble du logiciel.

Dans quelle catégorie classez-vous l’intégration du montant net social sur les bulletins de paie à prendre en compte depuis juillet 2023 ?

Ce changement législatif n’est pas vraiment complexe à gérer en interne. Notre technologie permet de mettre à jour le système assez rapidement.

La période Covid-19 a été plus chargée, avec notamment la possibilité de retarder le versement des cotisations à l’URSSAF côté entrepreneur ou de reporter le compteur des congés payés côté employé mais aussi avec les dispositions associées au chômage partiel. C’est un avantage comparatif par rapport à d’autres solutions.

Notre rôle est non seulement de générer les paies mais aussi d’informer nos clients sur les changements de législations. La compréhension du montant net social me semble plus importante que l’intégration technique.

Dans quelle mesure avancez-vous sur la dimension SIRH ?

La plupart des SIRH du marché ne font pas de paie. Et à l’inverse, peu d’éditeurs de logiciels de paie abordent la dimension SIRH.

Notre ADN, c’est l’expertise de la paie mise à disposition de clients non experts de la paie.

Au-delà des fonctions d’automatisation de la paie, nous fournissons aussi à nos clients les moyens de réaliser une bonne gestion RH (congés payés, notes de frais, entretiens annuels…). Cela reste un bonus.

Mais notre vision, c’est de devenir le partenaire paie et RH de référence des entrepreneurs, TPE et PME.

La vague de l’IA générative a-t-elle un impact sur votre gamme de produits ?

Nous restons en veille sur l’IA générative pour distribuer PayFit et servir nos clients. En termes d’application concrète, cela n’implique pas de changement structurant. Mais nous sommes attentifs car cela peut changer rapidement.

En termes de vie d’organisation, comment se déroule le plan de réduction d’effectif enclenché plus tôt dans l’année au sein de PayFit ?

  • Nous avions évoqué ce sujet de réduction d’effectif en mars 2023.
  • Le plan portait sur 20 % de l’effectif avec un plan de rupture conventionnelle collective pour la France [ndlr : 200 collaborateurs concernés sur un millier dans la société]. Il concernait l’Espagne avec le départ d’une partie des commerciaux et l’Allemagne avec la fermeture de notre bureau local. A l’époque, nous étions déjà bien avancés sur ce volet.

L’objectif est de se rapprocher de la rentabilité, de consolider l’approche et d’avoir une trajectoire plus saine.

Nous ne sommes pas le seul acteur « tech » dans cette configuration. Nous avons grossi rapidement et nous nous adaptons au contexte économique global.

Nous avons dépassé la période de réduction d’effectif pour nous concentrer sur l’amélioration du produit et poursuivre nos efforts à l’international. Nous avons toujours un millier de clients en Espagne et au Royaume-Uni.

Notre ambition reste de servir des dizaines de milliers d’entrepreneurs, de TPE et de PME à travers l’Europe.

Sur fond de ralentissement global de la croissance économique, observez-vous un impact sur l’acquisition de nouveaux clients pour PayFit ?

Nous pouvons ressentir une certaine frilosité de la part des PME avec des dirigeants qui prennent plus de temps pour prendre des décisions. Mais nous restons au balbutiement du marché de la digitalisation de la fonction paie des TPE-PME.

Nous gardons un fort attrait auprès des entrepreneurs qui ont besoin d’avoir une solution flexible pour gérer un process aussi central que la paie et pour prendre soin de leurs employés.

En analysant nos trois marchés, nous nous rendons compte que le Royaume-Uni est davantage en avance par rapport à la France et l’Espagne. Outre-Manche, la gestion de la paie est beaucoup plus simple.

Acompte sur salaire : un certain intérêt des employés

• En mai 2023, selon une étude PayFit-Ipsos relative au rapport des salariés français vis-à-vis de la paie, 23 % des personnes interrogées indiquaient qu’elles avaient déjà demandé un acompte sur salaire. Ces actifs étaient surreprésentés dans la catégorie 18-34 ans (36 %) et dans la population masculine (31 %).
• Pour la rentrée de septembre 2023, la tendance se confirme. L’acompte sur salaire est demandé par 1,2 % des salariés utilisant PayFit.
• C’est un signe d’émergence de “nouveaux usages” associés à l’acompte sur salaire en lien avec les pics de consommation selon PayFit. Ainsi, on observe un frémissement sur décembre 2022 (1,02 % vs 0,85 % le mois précédent), période des fêtes de fin d’année, et une hausse entre mai et juin 2023 (1,35 %), correspondant à la période de préparation des vacances d’été.
« Ce dispositif, traditionnellement réservé aux grandes entreprises, demeure méconnue des PME. C’est un droit pour tous les employés en France. Il concerne donc toutes les entreprises », rappelle Firmin Zocchetto.

Concepts clés et définitions : #SIRH ou Système d'Information des Ressources Humaines