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vendredi 03 mars 2017

Avec "Jobs", qui Facebook concurrence-t-il vraiment ?

Avec Jobs, qui Facebook concurrence-t-il vraiment ?

Mi-février, Facebook confirmait son envie de se frayer un chemin dans l’univers du recrutement en lançant un service dédié à la publication d’offres d’emploi. Une nouvelle qui a fait l’effet d’une mini-bombe dans la sphère du e-recrutement, où les jobboards se sentent déjà menacés. Malgré sa puissante force de frappe, Facebook ne semble toutefois pas en concurrence frontale avec eux. A l’inverse, Le Bon Coin peut trembler…

En juin 2016, Facebook se faisait devancer par Microsoft dans le rachat de LinkedIn. Un échec cuisant pour le réseau social, qui ne l’empêche toutefois pas de contre-attaquer. La firme de Mark Zuckerberg vient en effet de dévoiler « Jobs », une fonctionnalité permettant aux sociétés américaines et canadiennes de diffuser leurs offres d’emploi, non pas via des applications tierces, mais directement depuis leur page entreprise et sur un mini-jobboard agrégeant les annonces diffusées à l’échelle d’un territoire. Si cette nouvelle a suscité beaucoup de réactions, c’est qu’en apparence, elle peut rebattre les cartes du marché de l’emploi en ligne. Non seulement parce que Facebook affiche l’audience la plus forte, avec 31 millions de membres en France. Mais aussi parce que le réseau est le roi du ciblage publicitaire. "Le principal atout de cette offre, c’est la possibilité, pour les entreprises, de promouvoir leurs annonces auprès d’une cible spécifique. Moyennant quelques dollars, elles peuvent les valoriser auprès de telle catégorie de profil, située dans tel lieu géographique", illustre Florent Letourneur, co-fondateur du cabinet de conseils Happy To Meet You.

Aucune passerelle avec les ATS

En lançant « Jobs », force est de constater que Facebook ne s’adresse pas à toutes les entreprises. "Tant que la fonctionnalité ne sera pas reliée aux outils de gestion de candidatures du marché, seules les TPE et les PME cherchant à recruter localement pourront se retrouver dans l’offre du réseau social", décrypte Etienne Dargnies, directeur de Work4. Pour les grands groupes, recruter via cette solution reviendrait à gérer manuellement et individuellement la publication des offres d’emploi, mais aussi et surtout la gestion des candidatures reçues via l’application de messagerie instantanée Facebook Messenger. "Il a fallu plusieurs années pour que les éditeurs d’ATS développent des passerelles avec LinkedIn. On peut supposer que ce sera également long avant que ces outils sachent traiter les candidatures reçues via Messenger", estime Florent Letourneur. Par ailleurs, le service « Jobs » ne s’adresse pas non plus à tous les profils. "En France, les membres n’ont pas suffisamment renseigné leurs informations professionnelles, ce qui limite Facebook au recrutement de profils où le CV a moins d’importance. De manière caricaturale, on imagine bien un restaurant recruter un barman. Moins un profil capé", décrypte Laurent Brouat, directeur de Link Humans. Pour ces raisons, LinkedIn, Viadeo mais aussi les jobboards, qui ont développé de nombreuses offres à destination des PME ces deux dernières années, gardent une longueur d’avance.

Quid du marché des logiciels d’entreprise ?

Si Facebook n’est pas en concurrence frontale avec les réseaux sociaux professionnels et les sites emploi, il empiète sur les plates-bandes de certains acteurs du marché. En l’occurrence : "Craigslist aux Etats-Unis et, lorsque le service « Jobs » sera lancé en France, Le Bon Coin et Vivastreet", estime Laurent Brouat. Non seulement ces portails jouent, eux aussi, la carte du recrutement de proximité, mais ils s’adressent également plus volontiers à la même cible de candidats que Facebook (les profils non-cadres) mais aussi d’entreprises (les PME). Pour le directeur de Link Humans, le réseau social, qui soutient une politique de diversification, pourrait également viser le marché des logiciels d’entreprises. "Il y a un an, Facebook a lancé le réseau social d’entreprise Workplace avec beaucoup de succès. La prochaine étape pourrait être qu’il développe un outil équivalent à Slack, voire un ATS", indique Laurent Brouat. "La force de Facebook, c’est la data ! Avec elle, il pourrait effectivement rivaliser avec Salesforce, Oracle et SAP", surenchérit Florent Letourneur. Avant de rappeler : "Facebook va souvent sur des terrains où on ne l’attend pas."

Par Aurélie Tachot
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